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Culpabilité mon amie

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Culpabiliser n’est plus à la mode aujourd’hui. Un pied de nez donné à notre héritage judéo-chrétien, à l’époque de nos grand-mères où l’on était une bonne mère qu’au prix d’un grand sacrifice personnel.
Les articles fleurissent sur la toile: “je culpabilise trop”, “je suis la reine de la culpabilité” (Oh pauvre de moi), et les blogs où les bouquins du genre “mauvaises mères” qui expliquent, souvent avec humour, que l’on n’est pas obligé de s’oublier soi-même pour être une bonne mère.
OK, mais là je crois que l’on penche vers l’extrême inverse.
L’épanouissement personnel est devenu tellement primordial que l’on ne supporte plus aucune contrainte. Mon conjoint me fatigue? Hop, je fais mes valises. Ma grand-mère perd la boule? Hop, dans un joli mouroir. Des enfants? Oui, mais je ne changerai rien à ma vie d’avant.
Ce que l’on prend pour de l’épanouissement est plutôt une satisfaction immédiate, un plaisir tout personnel, où l’on se prive, je crois, justement, d’aller vers l’autre, de créer du lien, et de profiter aussi des petites contrariétés que cela implique. Petites contrariétés qui, lorsqu’elles sont dépassées, apportent pour le coup le sentiment de grandir, d’avoir l’opportunité de travailler sur soi.

C’est vraiment une mode aujourd’hui de vouloir déculpabiliser. On se croit impertinent et original lorsque l’on prodigue un tel conseil. Eh bien je crois que la subversion aujourd’hui serait de se laisser culpabiliser un petit peu de temps en temps. Le sentiment de culpabilité, est une alarme intérieur, une gêne de l’âme qui nous indique que peut-être ce que l’on est entrain de faire n’est pas en adéquation avec nos valeurs. Peut-être que quelquefois on peut tendre l’oreille?

Sans revenir à l’époque de nos grand-mères, je crois qu’encore une fois on pourrait tenter de trouver un équilibre entre s’écouter et s’oublier soi-même.

Les premières années d’un enfant sont tellement décisives dans sa construction psychologique et affective que çà vaut bien le coup de délaisser un peu son propre nombril pendant quelques temps. Et même quelquefois on peut-être surpris par le lâcher-prise que cela procure. Détaché du dictat de l’épanouissement personnel à tout prix, on peut en venir paradoxalement à un sentiment de plénitude bien plus profond.

C’est beau ce que j’écris. Ca fait 5 minutes que ma fille me demande de lui lire un bouquin… tiens je me sens un peu coupable… Oh la la! pauvre de moi.